
Les mots sont capricieux. Prenez “animation”. Après l’Oscar attribué à Logorama, la Palme d’or qui a consacré Chienne d'histoire, ajoutez la renommée et la fréquentation d’un festival comme Annecy, qui vient de fêter son cinquantième anniversaire, en France, le cinéma d’animation a le vent en poupe.

Palme d’or du court métrage, Chienne d’histoire vient clôturer la trilogie commencée par Serge Avédikian, en 2003, avec Ligne de vie et poursuivie, en 2005, avec Un beau matin.

La dame au chien, de Damien Manivel a tout de la pochade. D’abord par un titre un peu naïf qui situe le film entre paroles enfantines et récit moyenâgeux.

"La campagne est un miracle” disait Ingeborg Bachmann dans une des Lettres à Felician. Pas seulement parce qu’elle serait le miroir de l’âme mais plutôt la continuité physique d’une humeur, d’un état – le proche écho, par exemple, d’un vécu amoureux.

C'est au rythme d’une respiration saccadée, difficile, qui tend à l’apaisement mais n’y parvient que le temps d’une contemplation, que Petite nous invite à explorer ce fragment de vie d’une jeune fille partagée entre la culpabilité, le repli, la solitude et l’envie d’avancer, de se dépasser, de s’épanouir.

Nourrir l’animal s’ouvre sur une succession de plans fixes, véritables natures mortes silencieuses d’une industrie que l’on devine moribonde. Les jappements d’un chien, caché derrière le rideau d’une fenêtre, annoncent le retour à la vie d’un animal blessé : l’usine...

Avec Monsieur l’Abbé, Blandine Lenoir exhume un passé pas si lointain. Dans les années 1920 à 1940, l’Abbé Viollet était assez progressiste pour créer l’Association du mariage chrétien et une revue consacrée aux questionnements matrimoniaux – comprenez sexuels – des chrétiens.

Le cas de figure est suffisamment rare pour être salué, à savoir la persistance velléitaire d’un réalisateur à bâtir, film après film, ce qui s’apparente à une véritable œuvre dans le registre de la comédie, en gardant une certaine cohérence, tout en s’attachant au possible à se renouveler.

L'opéra national de Munich a présenté récemment Masurca Fogo de Pina Bausch dans le cadre de ses BalettFestwochen. Quelle ironie de voir ainsi acclamée dans une salle aussi prestigieuse que conservatrice, celle qui pendant longtemps n’a trouvé que hors d’Allemagne un public sensible à son travail…

En France, la durée distingue le court métrage du long. Moins de 59 minutes, on a affaire à un court. Sur le net, ces distinction se brouillent. Du court au long, petit opus deviendra grand.