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2010-06-15

Kodak : pellicule et numérique même combat

Kodak présentait hier en avant première 2 nouvelles pellicules : le négatif couleur Vision3 200T (5213, ou 7213 en 16mm) et l'intermédiaire Vision3 5254,
L'apport de la 5213 par rapport à la renommée Vision2 5217 qu'elle est amenée à remplacer est réel mais subtil : il fallait bien une présentation en split-screen pour la mettre en évidence.
Le grain est encore plus fin, le rendu chroma présenté comme un peu plus subtil sur les jaunes, l'herbe peut être encore plus naturelle mais la parenté entre les pellicules Kodak est évidente. Les différences dans la gamme portent surtout sur les paramètres qu'affecte classiquement la sensibilité (grain, dynamique) mais on est désormais toujours dans la même représentation globale.

En fait depuis quelques années les améliorations sont réelles mais asymptotiques et, face aux progrès des capteurs numériques, on peut se demander si les supports argentiques ont encore une grande marge de progression.

En réalité cette progression n'est pas autonome : Kodak a bien intégré que pour l'essentiel les films sont aujourd'hui post-produits en numérique, et que c'est le scan et l'étalonnage qui sont à même d'exploiter des informations inaccessibles à une chaîne purement argentique.

Ainsi la 5213 affiche une dynamique de 14 diaphs, mais les détails des très hautes lumières tiennent dans d'infimes différences de densité dans l'épaule. Des variations qui seraient laminées par simple report sur un inter et un positif.
Toutefois une double exposition sur un Arriscanner permet de les détecter et les consoles d'étalonnage savent les amplifier et les intégrer dans l'image. Une station Lustre mise en oeuvre par Mikros en a donné une illustration très démonstrative, transfigurant littéralement certaines scènes à coup de corrections subtiles et locales ou d'options plus radicales.

Avec une telle dynamique et les possibilités de l'étalonnage numérique, le nombre d'interprétations possibles à partir d'une capture film est désormais tellement considérable que certains pourraient être tentés de se simplifier la vie à la prise de vue...

Opposer pellicule et numérique est donc vain aujourd'hui : les 2 filières sont harmonieusement complémentaires. La projection dans la salle de chez Kodak le manifestait à sa manière : à moins de chercher des indices annexes comme la netteté de la fenêtre de projection (bords flous en 35), il était impossible de voir une différence entre les éléments projetés en 35mm et ceux passant par le Lustre et le projecteur numérique.

Publié par Guy-Louis Mier | Catégories :

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